Jorj Morin

Biographie

Jorj Morin itinéraires et ateliers

Jorj Morin à La Possonnière en 1981. Photo Jean Branchet
Jorj Morin à La Possonnière en 1981. Photo Jean Branchet

Graphiste indépendant établi à Nantes dans les années 30, Jorj Morin pratique la gravure et la peinture en parallèle avec le dessin publicitaire. Il opte pour l’abstraction au tournant des années 50. A partir des années 60 il réalise des mosaïques pour la décoration monumentale mais aussi pour la sculpture, sous forme de stèles. Il met au point un système original de gravures à projeter, les microphanies. Sa rencontre avec les lissiers Plasse Le Caisne puis Daquin l’oriente vers la tapisserie.
Une première rétrospective lui sera consacrée en 1975 au musée des Beaux-arts de Nantes, pour l’œuvre gravé, la peinture et le dessin. En 1992, le musée Jean-Lurçat d’Angers, organise une deuxième rétrospective, principalement pour les tapisseries et les mosaïques.
Au cours de sa vie Jorj Morin aura ouvert de nombreux ateliers et parcouru un itinéraire très personnel. Son œuvre abondante est multiforme et cependant très cohérente.

Jeunesse et apprentissage

Jorj Morin dans son premier bureau à Nantes en 1931.
Jorj Morin dans son premier bureau à Nantes en 1931.

Georges Morin naît à Cholet en 1909 mais c’est à Rennes que la famille va s’installer. A 17 ans, Georges est contraint d’arrêter brutalement ses études secondaires en raison d’une maladie pulmonaire sérieuse. Il passera sa convalescence sur les bords de la Loire, à La Possonnière, près d’Angers. Il choisit de prendre des cours de dessin à l’école ABC de Paris, école préparant par correspondance aux arts graphiques, dessin, publicité, illustration. Son inscription est effective en mai 1927. Il obtient son diplôme en 1930. C’est durant ces trois années que Georges Morin modifie son prénom, signant ses dessins d’école Geor en 1928 puis Jorge en 1929, prénom qu’il conservera jusqu’en 1951, année au cours de laquelle il optera pour Jorj.
Il décide alors, sans prendre de cours complémentaires spécifiques à la publicité, de s’installer, en 1931, comme graphiste indépendant à Nantes.

Dessinateur publicitaire

Jorj Morin dans son bureau de la rue François Bruneau à Nantes en compagnie de son épouse Suzanne, 1958.
Jorj Morin dans son bureau de la rue François Bruneau à Nantes en compagnie de son épouse Suzanne, 1958.

Son activité publicitaire s’installe progressivement : en 1937, il est sélectionné pour l’Exposition Universelle avec son affiche Concours hippique exposée dans le hall central. Il obtient le prix du Syndicat du Textile de Cholet en 1937, et plus tard en 1949, le prix de l’affiche de la Foire de Nantes, haut lieu du commerce nantais. Sa notoriété s’affirme dans le domaine publicitaire. Au sortir de la guerre le publicitaire trouve une clientèle importante au sein du tissu économique de Nantes et de la région ouest.
En 1952, la première page du Journal de la Publicité présente la reproduction d’une affiche réalisée pour les Conserveries Amieux.
Vers la fin des années 60 son activité décline rapidement puis s’arrête. C’est l’époque où la publicité commence à être captée par de grosses agences parisiennes disposant de nouveaux moyens technologiques, au détriment des dessinateurs publicitaires indépendants.

La vie artistique à Nantes

Les peintres de la galerie Michel Columb vers 1970, Ph. V. Rousseau
Les peintres de la galerie Michel Columb vers 1970, Ph. V. Rousseau

Dans le même temps, Jorj Morin prend place dans la vie culturelle de Nantes. Le regain des musées de la ville, la création des Amis de l’Art , mouvement d’éducation et de diffusion de l’art créé par Gaston Diehl, la présence du mouvement Art Sacré , en 1947, créent à Nantes un bouillonnement d’idées nouvelles, de rencontres, d’événements auxquels Jorj Morin participe activement. Il assurera la présidence des Amis de l’Art nantais jusqu’en 1971. Il sera ensuite membre actif du groupe Archipel rassemblant une nouvelle famille de peintres.
La galerie Michel Columb sera un autre lieu de rencontres très important pour les peintres nantais. Sur la photo ci-contre, on reconnait assis de gauche à droite : Georges Brisson, Louis Ferrand, la galeriste Marie-Jo Marot, Michel Noury, Simone Le Moigne. Debout de gauche à droite : Quéré, Jacques Launoy, Françoise Paressant, Marc Le Petit, Jorj Morin, Cadou-Rocher.

Le peintre, atelier et galeries

Jorj Morin à La Possonnière dans les années 80, image extraire du film « Jorj Morin, du dessin au dessin », D. Hervouët et l’ARHA.
Jorj Morin à La Possonnière dans les années 80, image extraire du film « Jorj Morin, du dessin au dessin », D. Hervouët et l’ARHA.

Depuis les années 30 Jorj Morin poursuit une quête personnelle à travers la peinture, la gravure et le dessin. Après une première période figurative, il opte pour l’abstraction. Sa première toile abstraite date de 1954. Il peindra régulièrement jusqu’à la fin de sa vie, sans relâche, à l’exception d’une courte période de huit années. C’est cette période qu’il met à profit pour publier chez Grasset Naissance de la peinture , ses notes d’atelier sur le peintre et la peinture.
Jorj Morin recommence à peindre en 1974, mais il revient à la peinture différent, il change de technique et adopte l’acrylique. La rétrospective de son œuvre en 1975, au musée des Beaux-arts de Nantes, ses contacts parisiens qu’il entretient par les Amis de l’Art, lui assurent un début de reconnaissance en tant que peintre. Cette notoriété se confirmera lorsqu’il sera exposé régulièrement à Paris, dans les galeries La Demeure et Galarté . Son œuvre peint compte plus de 450 tableaux.

Le graveur à Nantes et à La Possonnière

Jorj Morin à La Possonnière dans les années 80. ©Jean Branchet.
Jorj Morin à La Possonnière dans les années 80. ©Jean Branchet.

Lorsqu’en 1980, à 71 ans, il quitte Nantes avec son épouse pour La Possonnière, il n’abandonne pas pour autant la vie active puisqu’il réinstalle ses ateliers dans sa nouvelle demeure. Les années 80 seront des années d’intense création picturale. Plus de 200 tableaux et 150 nouvelles eaux-fortes seront créées à La Possonnière au cours de cette décennie.

Créations monumentales

Jorj Morin à La Possonnière dans les années 80.
Jorj Morin à La Possonnière dans les années 80.

C’est aussi à La Possonnière qu’il va concevoir ses dernières décorations monumentales en mosaïque, après avoir été actif quinze ans dans ce domaine et avoir réalisé une trentaine d’œuvres, pour des établissements scolaires essentiellement. Il a 75 ans à la fin du chantier du C.E.S Trémollières à Cholet. Dans son atelier, désormais sous les toits de la maison familiale, il réalise aussi une dizaine de stèles en mosaïque.

Une oeuvre souvent exposée

Jorj Morin à la galerie Convergence, Nantes.
Jorj Morin à la galerie Convergence, Nantes.

Constamment, Jorj Morin crée en utilisant des techniques et des supports variés qui l’obligent à résoudre des difficultés et ainsi à inventer : « Peintre, graveur, cartonnier de tapisseries, mosaïste, Jorj Morin croit aux vertus de l’expérience ». René Déroudille, à Lyon, et plusieurs autres critiques ont ainsi souvent souligné l’enrichissement produit par ces ruptures, contribuant à façonner au long des années une œuvre à la fois multiple et cohérente.
De nombreuses expositions personnelles, en France et à l’étranger, ont fait connaître son œuvre. On soulignera ici la rétrospective de 1975 au musée des Beaux-arts de Nantes, et celle d’Angers en 1992 au musée Jean Lurçat.
Jorj Morin est décédé à La Possonnière en mai 1995.